Bibliografía de Michel Clouscard

Posted on 2016/01/10

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Le capitalisme de la séduction : Critique de la social-démocratie libertaire

La crise actuelle s’avère l’ultime expression de la négation du procès de production : prévalence des actionnaires sur les producteurs, prépondérance des services en Occident et « usine du monde » délocalisée partout ailleurs etc. Si cette négation tyrannique a été intériorisée même par ses victimes, c’est qu’elle est au résultat de ce long dressage que réalisa le « libéralisme libertaire », dont Michel Clouscard a le premier théorisé le concept. Pour faire pièce au progressisme issu de la Résistance, écouler les surplus, il s’agissait pour le capitalisme, avec le Plan Marshall, de créer un modèle « permissif pour le consommateur », mais toujours aussi « répressif envers le producteur ». Ce fut alors d’une part l’initiation d’un « marché du désir », dont le Mai 68 sociétal a été ensuite le promoteur décisif, et qui eut tôt fait de réduire le désir au marché, et d’autre part le surgissement de nouvelles couches moyennes, tampon entre le capital et le travail et cibles de ce marché. Le modèle de consommation libidinal, ludique et marginal pour le happy few fut alors décrété seul horizon d’émancipation. « Tout est permis mais rien n’est possible. » Relire cette œuvre monumentale, c’est donc se réapproprier notre histoire jusqu’à la crise actuelle.

La Bête Sauvage

 Kontre Kulture (2014)

Michel Clouscard (1928-2009) est un sociologue et philosophe française. Il a fait une critique radicale du libéralisme en prenant en compte les changements de processus de production. Second volet d’un triptyque comprenant par ailleurs Le Capitalisme de la séduction et Critique du libéralisme libertaire, Michel Clouscard se propose ici d’« étudier par quelle stratégie le capitalisme a produit la société civile, ce que Hegel appelait  la Bête Sauvage : une société qui n’est plus qu’un marché ». Sous de Gaulle, le capitalisme d’État permet à la France de développer son infrastructure, et une politique de distribution des profits donne aux ménages la possibilité de s’équiper, créant « l’environnement qui permet aux vertus ménagères de se déchaîner, à l’enfant de bien travailler dans son coin, au père de se reposer ». Ceci fait, le capitalisme a besoin d’un nouveau marché. Le temps libéré par la mécanisation et par l’équipement des ménages deviendra sa cible : ce sera le tournant de la société des loisirs servie par l’idéologie du désir. Mais il faut pour cela passer du sérieux incarné par de Gaulle, au frivole : ce sera le rôle de Mai 68 qui mettra au pouvoir Pompidou le libéral et les idées de Cohn-Bendit, le libertaire. Dès lors, l’appareil d’État n’est plus l’émanation de l’État – qui de répressif devient permissif – mais du grand capital. La liquidation des valeurs traditionnelles devient nécessaire ; le gauchisme sera « l’instrument privilégié de cette opération : toute morale sera dite réactionnaire, ce qui permet de ridiculiser la résistance populaire, du travailleur chef de famille. »

Le frivole et le sérieux : Vers un nouveau progressisme

Editions Delga (26 mars 2010)

Clouscard s’est attelé à mettre à jour la dialectique du frivole et du sérieux pour compléter le discours critique de Marx et Engels. Si l’économie politique fournit la base logique pour comprendre les rapports sociaux tels qu’ils sont objectivement, l’étude de l’anthropologie fournit les modalités du codage idéologique des rapports entre les classes que suppose l’oppression d’une classe par une autre. Tandis que la dialectique du maître et de l’esclave constituait le primordium de la phénoménologie des luttes de classes chez Hegel, la dialectique du frivole et du sérieux montre le codage par la classe savante pour légitimer les rapports de production et revendiquer la légitimité de la donne sociale. Ainsi, l’extorsion de la plus-value produite par la classe des producteurs est pensée et légitimée par la classe des consommateurs qui ne distingue pas la réalité logique qui se tient sous la phénoménologie des différences existentielles entre les classes sociales. L’anthropologie historique de Clouscard reprend donc la critique de la philosophie spéculative idéaliste constituée par toute philosophie récusant la détermination matérielle économique apportée par Marx et Engels. La critique des rapports socio-politiques entre les hommes est alors complétée par la découverte que des pans entiers du corpus philosophique portent la trace évidente des enjeux anthropologiques, eux-mêmes sur-déterminés radicalement par la mise en relation de la production et de la consommation, du travail et de la jouissance.

Traité de l’Amour-Fou

Kontre Kulture (2013)

Michel Clouscard (1928-2009) est un sociologue et philosophe français. Marxiste, il fit une critique radicale du libéralisme en prenant en compte les changements de processus de production d’abord, l’évolution de l’objet même de la production ensuite. Cette métamorphose qui aboutit à la production massive du gadget et du « jouir sans entrave » permet de comprendre pourquoi la société occidentale est passée, avec Mai 68, d’une doctrine morale répressive à une doctrine morale permissive – ce que Clouscard a nommé la société libérale-libertaire -, condition de survie et d’extension du capitalisme. Avec le Traité de l’Amour-fou, Michel Clouscard s’éloigne de la dimension purement économique et politique pour introduire la psyché dans une genèse de l’Occident tout entière contenue dans le mythe de Tristan et Yseult. En dépassant l’œdipe grâce à la « famille inversée », point de départ du mythe, il met en scène l’antinomie de la liberté individuelle et de la nécessité politique dont la force dialectique engendrera la civilisation occidentale. L’amour-fou a été la condition de la sortie de l’endogamie polygamique tribale, du Même vers l’Autre, pour entrer dans le système exogamique monogamique féodal. Les barbares conquérant l’Empire romain vont ainsi intégrer des composantes chrétiennes – pardon, acceptation de l’Interdit, sublimation de la mort – pour fonder le système féodal. Dans une thèse à l’opposé de celle défendue par Denis de Rougemont dans L’ Amour et l’Occident, Clouscard démontre que contrairement au principe de la culture bourgeoise pour laquelle l’amour se vit contre le pouvoir, l’amour-fou est « l’engendrement réciproque du politique et de l’affectivité ». Loin de n’être qu’un épiphénomène à portée individuelle, l’amour-fou est ainsi simultanément effet et cause de l’Histoire.

Refondation progressiste : Face à la contre-révolution libérale

Editions L’Harmattan (1 décembre 2003)

Désarroi. C’est ce que nos éprouvons face aux agissements mondialistes du libéralisme et aux souffrances perverses qu’il instille en chacun. D’où notre besoin de comprendre pour agir, de clarifier les concepts sous les faux-semblants du consensus. Michel Clouscard nous invite à une refondation progressiste. A repenser le libéralisme et la généalogie de son économie clandestine prostitutionnelle. A comprendre le marché du désir, instrument d’une nouvelle logique de profit, mais aussi d’une autoexploitation – servitude volontaire – et d’un populo-fascisme inquiétant. Pour nous indiquer des voies de réconciliation avec nous-mêmes et les autres, et d’abord avec cet acte fondateur de toute économie politique progressiste : produire pour bien vivre – tous ensemble – et non vivre pour produire du profit. Et montrer la dynamique de gestion du travail, appelant un nouvel acteur politique : un Parlement du Travailleur Collectif. C’est un horizon de vraie refondation progressiste que propose Michel Clouscard, avec une morale provisoire et les fondements en raison d’une éthique de la vie heureuse, pour réconcilier l’amitié – le politique, le vivre ensemble – et l’amour. En bref, pour penser l’unité du sujet et du citoyen.

L’être et le code : le procès de production d’un ensemble précapitaliste

Editions L’Harmattan (1 décembre 2004)

Les chemins de la praxis : Fondements ontologiques du marxisme

Editions Delga (2 juin 2015)

Néo-fascisme et idéologie du désir : Genèse du libéralisme libertaire

Editions Delga (10 septembre 2013)

Pour Michel Clouscard, l’ensemble capitaliste se découpe séquentiellement en libéralisme classique, national-socialisme et néo-libéralisme. Chaque métamorphose correspond à une exigence pour sauver le capitalisme des crises et donc du communisme. Après le plan Marshall et Mai 1968, les idéologues des secteurs pilotes comme l’audiovisuel, la mode, les loisirs, vont promouvoir avec succès la consommation d’émancipation transgressive comme prétendu combat d’avant-garde contre le néo-capitalisme. Ce qui assurera de formidables nouveaux profits et la neutralisation de la lutte des classes. L’Anti-Œdipe de Deleuze/Guattari paru en 1972 en exprimera l’exaltation maximale. Michel Clouscard montre ici que la polémique avec ce dernier maillon des générations bourgeoises est la clé qui permet de révéler l’anthropologie bourgeoise totale. Il montre que l’idéologie transgressive, qui a pour fonction d’habiliter la consommation parasitaire et de prôner un activisme anti-étatique, est une transition vers une anthropologie néo-fasciste : l’opposition y est réduite à un spontanéisme groupusculaire et permet la destruction des institutions étatiques et la domination des trusts sur des masses schizophrénisées. Michel Clouscard démontre que toute l’anthropologie bourgeoise ne s’avère qu’une psychose – forclusion de la production, du producteur, du rapport immédiat au monde – et en dernière instance un sadisme – annexion acritique brutale de l’autre, des produits, du monde. Les « machines désirantes » autistiques fusionnent alors en une machine de mort. La terreur néo-fasciste commence. On peut mesurer aujourd’hui toute l’actualité de cette critique : FMI, UE, banques contre la Grèce, l’Irlande, le Portugal ; les opérations de l’OTAN en Yougoslavie, Afghanistan, Irak, Côte d’Ivoire, Libye, Syrie, etc.

La production de l’ individu

Éditions Delga (18 mars 2011)

Critique du libéralisme libertaire : Généaologie de la contre-révolution, de la Révolution française aux Trente Honteuses

Editions Delga (23 juin 2005)

A l’heure où les analystes politiques commencent tout juste à adopter le syntagme ” libéralisme libertaire “, il fallait, pour parer à toutes les confusions, mettre à la disposition du public, l’œuvre qui non seulement reste la seule à ce jour à en avoir formulé le concept, mais surtout en reconstitue la généalogie. Cette pauvre peut être dite ” prophétique “. Dès l’après mai 68 (avec Néo-fascisme et idéologie du désir) M. Clouscard prévoit, décode et décrit le parcours qui mène inexorablement de Cohn-Bendit à Le Pen. Il dévoile ce que les idéologues doivent occulter : mai 68, contre-révolution libérale, cheval de Troie du libéralisme libertaire. Il fallait un nouveau marché : le marché du désir, une nouvelle société, celle de la confusion de la liberté et de la libéralisation, un double profit, celui du permissif pour le consommateur et du répressif sur le producteur, pour sauver le capitalisme en crise radicale. Mai 68 aura fait la promo du plan Marshall comme celui-ci a fait la promo du rêve américain. Critique du libéralisme libertaire est une Somme philosophique. Michel Clouscard rappelle les fondements de la Révolution française établis par Rousseau et Kant, l’engendrement réciproque de la conscience et de la connaissance. Il montre que le néo-kantisme (Sartre, Lévi-Strauss, Foucault, Barthes, Lacan, etc.) est la récupération insidieuse de cette philosophie, le détournement qui s’accomplit avec le libéralisme libertaire. Nietzsche et Heidegger s’avèrent les héritiers naturels de cette destruction de la raison dialectique.

Néo-fascisme et idéologie du désir : Mai 68, la contre-révolution libérale libertaire

Editions Delga (4 avril 2008)

Les métamorphoses de la lutte des classes : Pour une alternative progressiste

Le Temps des cerises (1 septembre 1996)

Les Dégâts de la pratique libérale ou les Métamorphoses de la société française (Politiques en question)

Les Nouvelles Editions du Pavillon (1987)

De la modernité : Rousseau ou Sartre – De la philosophie de la Révolution francaise au consensus de la contre-révolution libérale

Messidor-Éd. sociales (1985)

Néofascisme et idéologie du désir

Le Castor Astral (29 juillet 2000)

 

 

 

 

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